Hervé

Professeur de dancehall

Quel est ton parcours ?

J’ai commencé dans la rue. J’étais basketteur et à cause d’un problème de genou, je me suis tourné vers la danse quand j’avais 19 ans. J’ai fait ça pendant trois mois mais l’expérience ne s’est pas vraiment bien passée. Je me suis ensuite retrouvé aux Beaux-Arts pendant un an en classique-contemporain. Après les Beaux-Arts, je suis rentré dans trois compagnies de danse : Transe-en-danse, Zassiii et Contre Tendance. Cela m’a permis de rencontrer le monde de la création qui est différent de celui des chorégraphies. J’ai appris à créer une pièce de A à Z et j’ai aussi pu développer mes capacités en afro contemporain, en jazz et en afro jazz. Parallèlement à cela, je danse le hip-hop, le dancehall et le tango. J’ai cherché à me diversifier un maximum.
J’ai aussi créé mon propre spectacle Tango Negro qui fait le lien entre l’histoire du tango et l’esclavage en Argentine. J’ai également dansé avec le Ballet Béjart à Forest National.

Comment te définirais-tu comme danseur ?

On m’associe aux danseurs afro contemporains, c’est ma base et c’est ce à quoi je suis le plus attaché. C’est ce qui m’a créé. Je ne suis pas un passionné de danse mais un passionné de création. Imaginer quelque chose, le mettre en place, le voir grandir.

Quel serait ton top 5 musical ?

C’est compliqué, J’écoute de tout. Mes goûts musicaux sont à l’image de mon parcours, diversifiés.

Un danseur/crew qui t’inspire et pourquoi ?

Janet Jackson pour son style, ses chorégraphies et sa musique.
Luam du Dance Center aux Etats Unis pour ses mouvements.
Brian Friedman pour son univers et la manière dont il décompose et recompose le beat ainsi que ses chorégraphies.
Pour le dance hall je dirais Orville de Xpression family car il m’a fait aimer cette danse.

Présentation du cours

Je donne un cours de dancehall, c’est une danse qui a ses codes et sa culture. J’essaie d’inculquer à mes élèves son essence pour qu’on arrête avec le mot fourre-tout de ragga dancehall. Ce sont deux danses différentes. J’apprends à mes élèves à aimer la musique pour qu’ils puissent aimer la danse. Il y a de la technique bien sûr mais la première chose sur laquelle je m’arrête c’est le feeling et le groove. Ce qui fait que tu bouges la tête, que tu peux danser parce que tu es dans la vibe du son. J’essaie vraiment que mon cours soit le plus vrai et complet possible pour que les élèves sortent avec un bagage. Je ne veux pas les transformer en danseurs. Avant tout, je veux qu’ils aiment danser pour eux.

La danse, pour toi, c’est...?

Mon boulot. La danse me permet d’associer à mon travail ma passion pour la création. Parce que je danse, je crée.

Ton meilleur souvenir en danse ?

Danser avec le ballet Béjart et le Ballet de Tokyo devant 6000 personnes. J’ai adoré l’ambiance et partager la scène avec une centaine de danseurs et une soixantaine de musiciens. Je retiendrai aussi le jour où Jenny Onya a utilisé ma création, cela m’a beaucoup touché. Le spectacle a tourné une dizaine de fois à Bruxelles, Liège et Namur et a été fort apprécié.